Sciences : histoire orale
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Dresselhaus, Mildred S.

Mildred Dresselhaus est née en 1930 à Broolkyn, New York. Issue d’une famille pauvre, elle a grandi dans le quartier du Bronx pendant la grande dépression. Étudiante remarquée au Hunter college high school de New York, elle juge que « si les possibilités de carrière qui s’offrent à une femme sont soit d’être enseignante, secrétaire, ou infirmière », son choix est fait : enseigner (« teaching was my thing ! »). Mais Rosalyn Yalow [1], alors professeur de physique au Hunter college, la convainc de faire de la recherche. Grâce à une bourse Fulbright [2], Mildred gagne l’Angletterre pour faire des études supérieures de physique au Cavendish laboratory de l’University of Cambridge (1951-1952). De retour aux États-Unis, elle obtient un Master Degree (1953) au Radcliffe college, une université pour femmes située dans les alentours de Cambridge Massachusetts [3]. En 1958, elle obtient un PhD en physique à l’Université de Chicago, où elle rencontre le physicien Gene Dresselhaus, qu’elle épouse la même année. Elle effectue ensuite un postdoc à Cornell University. En 1963, tout en élevant les quatre enfants qu’elle a eus avec Gene, elle se consacre à la physique du solide, à la supraconductivité et à la magnéto-optique. En 1960, elle rejoint Gene au Lincoln lab du Massachusetts institute of technology (MIT). Avec lui, elle oriente ses travaux vers l’étude de la structure électronique des semi-métaux – et en particulier du graphite. En 1967, Mildred intègre le département d’Electrical engineering du MIT comme Professeur associé, puis Professeur titulaire d’une Chaire Abby Rockefeller Mauzé (1973). De 1977 à 1983, elle dirige le Center for materials science and engineering du MIT. En 1983, elle devient Professeur de physique au MIT. En 1985, elle est la première femme à être nommée Institute Professor, le plus haut titre d’un membre de la Faculté du MIT. Elle y enseigne jusqu’en 2007.

Mildred Dresselhaus a occupé des postes à haute responsabilité en matière de politique scientifique et de financement de la recherche : présidente de l’American physical society (1984) ; trésorière de la National academy of sciences des Etats-Unis (1992-1996) ; présidente de l’American association for the advancement of science (AAAS) (1992-1998) ; directrice de l’Office of sciencede l’US department of energy , où elle dirige une étude sur les besoins en matière de recherche dans le domaine de l’énergie hydrogène (2000-2001) ; membre du conseil d’administration de l’American institute of physics (AIP) jusqu’en 2008. Elle soutient activement les programmes de recherche en nanotechnologies.

Mildred Dresselhaus est membre émérite de l’US national academy of engineering, de l’Engineering sciences section de la National academy of sciences, de l’American philosophical society, de l’American academy of arts and sciences, de l’Institute of electrical and electronics engineers (IEEE), de la Materials research society, de la Society of women engineers, de l’American physical society, de l’AAAS, et de l’American carbon society.

Avec son époux Gene, Milldred Dresselhaus est particulièrement connue pour son travail sur les propriétés électroniques et photophysiques des allotropes du carbone : le graphite et ses composés d’intercalation, le carbone microporeux, le charbon activé, les fibres de carbone, les aérogels de carbone, les fullerènes, les nanotubes de carbone, et les matériaux thermoélectriques de basse dimensionnalité (de zéro à deux dimensions). Les Dresselhaus et leur groupe ont notamment développé une technique de caractérisation par diffusion Raman [4] des propriétés de conduction des nanotubes de carbone en fonction de leur géométrie et de leur hélicité. Milldred Dresselhaus a coécrit plusieurs livres sur la science du carbone - elle est surnomée "Queen of Carbon Science". Mais elle a également travaillé sur des matériaux autres que carbonés, tels les nanofils de bismuth.

Mildred Dresselhaus a été récompensée pour ses efforts visant à promouvoir la participation accrue des femmes en sciences et en ingénierie par la Carnegie foundation (1973) et la Society of women engineers (1977). Parmi ses distinctions scientifiques, elle a reçue le Sigri-Great Lakes carbon Award, de l’American carbon society, (1997), la National medal of science (1990), le National materials advancement Award de la Federation of materials societies (2000), le titre de membre émérite du Ioffe institute de la Russian academy of sciences, le titre de Docteur honoris causa de l’Université catholique de Louvain (2000) et d’une vingtaine d’institutions de par le monde, la Nicholson medal (2000) et la Karl T. Compton medal for leadership in physics (2001) de l’AIP, la Medal of achievement in carbon science and technology, de l’American carbon society (2001), le Heinz Award for technology, economy and employment (2005), le titre de UNESCO/L’Oreal, North Americal woman scientist of the year (2007) et la médaille Vannevar Bush de la National science foundation (2009). Enfin, "Millie" a encadré plus de 60 PhD, a quatre enfants adultes et plusieurs petits-enfants.

Par Sacha Loeve.

Notes

[1Prix Nobel de médecine 1977 pour le dosage par radio-immunologie.

[2Du nom du sénateur J. William Fulbright, il s’agit de bourses attribuées au mérite à des citoyens américains et non américains dans le cadre d’un programme d’excellence mis en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale afin de favoriser les échanges culturels et éducatifs transatlantiques.

[3Fondé en 1879 sous le nom de Society for the collegiate instruction of women, Radcliffe college est aussi connu comme l’« annexe de Harvard », ayant pour but d’assurer l’éducation des femmes par Harvard.

[4Diffusion inélastique (avec modification d’énergie) d’un photon dans un milieu.

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